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Paracyclisme
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Paracyclisme

Silke Pan : sept cols de montagne en sept jours

Chaque col represente une victoire personnelle
Chaque col represente une victoire personnelle

Izoard, Agnel, Sampeyre, Fauniera, Lombarde, Bonette, Vars… tous ces cols ont été empruntés par le peloton du Tour de France un jour ou l’autre.

En réalisant l’ascension de ces sept cols en l'espace de sept jours consécutifs, Silke Pan a fait son entrée dans la Confrérie des 7 Majeurs. Elle est la première paracycliste à réussir cet exploit, qui consiste à parcourir 360 km pour 12'000 m de montée.

Paraplégique depuis 2007, Silke Pan est devenue une figure bien connue dans le monde du paracyclisme d’élite. Elle a remporté plusieurs compétitions internationales et notamment obtenu la médaille d’argent lors du contre-la-montre des Championnats du Monde Paracyclisme Route UCI 2015. Allemande d’origine mais résidant en Suisse depuis longtemps, Silke Pan a décidé à la fin de l'année dernière de prendre sa retraite sportive pour poursuivre des objectifs plus personnels.

Elle a relevé son dernier défi en compagnie de son mari Didier Dvorak et a pu compter sur le soutien de son équipe logistique.

Aucune des ascensions ne l’a laissée indifférente : « Chacune d’entre elles a eu un impact sur mon corps, mes émotions et ma mémoire. »

Elle a cependant dû produire un effort particulier – tant physique que mental – le jour où elle a grimpé le col de la Bonette qui, culminant à 2'860 m, est le plus haut col goudronné d’Europe. Franchi l’avant-dernier jour de son périple, ce col formidable l’a contrainte à affronter les quatre saisons en une seule journée : de la pluie torrentielle et du froid, au soleil et à la chaleur, en passant par un vent de face puissant qui lui soufflait le gravier en plein visage.

Sous une pluie torrentielle dans l'ascension de la Bonette

Avec sa pente de 15 %, le dernier kilomètre a représenté un défi particulier pour l’adepte du vélo à mains, sachant qu’elle ne peut compter que sur la force de ses bras pour faire avancer une machine pesant le quart du poids de son corps. C’est dans ce genre de moments que le mental prend le relais : « En contemplant la vallée et en voyant tout le chemin déjà parcouru, j’ai repensé à tous les problèmes dont j’étais déjà venue à bout. Je savais que plus je grimperais, plus je les laisserais derrière moi tout en me rapprochant de la lumière et du soleil. »

La beauté du col du Sampeyre (2'284 m) et de la Fauniera (2'511 m), de même que les monuments érigés en l’honneur de Fausto Coppi au sommet de l’Esischie et de Marco Pantani au sommet de la Fauniera, resteront également gravés dans sa mémoire pour toujours.

Tout au long de son marathon de sept jours, elle a été encouragée par des spectateurs et même des membres de la Confrérie des 7 Majeurs qui s’étaient rassemblés pour former des comités d’accueil au sommet de quelques-uns des cols. Silke Pan s’est amusée de la réaction de deux cyclistes italiens qui, la voyant passer, se sont exclamés « Ciel, c’est une femme ! »

L’athlète a déjà une nouvelle idée de défi pour 2018, lequel, annonce-t-elle, sera « extrêmement difficile. »

« J’ai vu de quoi j’étais capable, et maintenant je veux aller là où je ne suis encore jamais allée : je veux réaliser quelque-chose de plus long, de plus haut et de plus dur, parce que c’est de cette façon que je progresse intérieurement. Ensuite, je peux partager mon expérience avec ceux qui n’osent pas se lancer. J’aime dire aux gens qui se mettent au sport que ce sont toutes nos « petites » victoires qui nous permettent de nous sentir plus forts et d’oser relever des défis plus importants. »

 

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