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Gros plan sur le Sénégal

Tour du Sénégal 2017, étape cinq
Tour du Sénégal 2017, étape cinq

Populariser le cyclisme au Sénégal, organiser des épreuves de mountain bike afin d’attirer les jeunes, trouver des partenaires désireux d’investir dans la discipline… Michel Thioub a fixé la barre très haut lorsqu’il a été élu Président de la Fédération Sénégalaise de Cyclisme en avril 2015.

Mais sa première mission était de relancer et de faire grandir la course par étapes nationale : le Tour du Sénégal. Directeur technique de la Fédération pendant 28 ans, Thioub avait l’habitude d’organiser 45 courses régionales et nationales chaque saison. Il avait, au début des années 2000, déjà fait renaître de ses cendres le Tour du Sénégal, qui a eu lieu tous les ans jusqu’en 2011, lorsque des problèmes de santé l’ont contraint à prendre du recul. À nouveau, le Tour disparaissait.

Une bonne couverture médiatique

Grâce à la détermination du nouveau Président de la Fédération, l’épreuve a revu le jour en 2015. Elle a retrouvé le calendrier de l’UCI Africa Tour en 2016 et connu en avril dernier une nouvelle édition réussie.

Sous sa casquette de Directeur de course, Thioub est cependant un éternel insatisfait : « Il y a toujours des choses à améliorer. Je suis constamment sous pression et préoccupé du bien-être de chacun, mais j’ai eu de très bons retours. »

Une course par étapes nationale comme le Tour du Sénégal, que la star locale Bécaye Traoré a terminé cette année à la 10e place, fait selon lui beaucoup pour promouvoir la discipline auprès de la population.

« Il y a beaucoup d’intérêt pour le cyclisme au Sénégal, mais la pratique a diminué ces dernières années », s’étonne le dirigeant. « Le Tour du Sénégal est très populaire. Il a bénéficié d’une bonne couverture médiatique, les écoliers ont pu quitter leurs classes pour venir le voir passer et nous avons proposé des festivités, en soirée, après les étapes, où tout le monde pouvait se rassembler. »

Les écoliers regardent le Tour du Sénégal 2017

Toujours soucieux de pimenter la course, Thioub souhaiterait délocaliser une ou deux étapes dans un pays limitrophe du Sénégal afin de donner à l’épreuve un profil plus vallonné (au Sénégal, les routes sont plates et exposées au vent).

 « Je voudrais innover et sortir de la routine », reconnaît-il. « Mais je dois rester prudent, car il y a toujours le problème du manque d’argent. » L’un des principaux obstacles à son travail.

« D’un point de vue pratique, nous sommes très bons. Je suis impliqué dans le cyclisme depuis les années 1960 et j’ai organisé de nombreuses courses. Mais le financement pose problème. Le cyclisme n’est pas le football, l’investissement n’est pas le même. »

Le besoin d'expérience de course

L’équipe nationale n’est, pour cette raison, pas toujours en mesure de répondre favorablement aux invitations à courir à l’étranger. Et avec moins de 25 épreuves actuellement organisées chaque année dans le pays, les athlètes n’ont pas les moyens d’engranger suffisamment d’expérience de course.

« Un coureur doit avoir au moins 80 jours de compétition par an et nous ne pouvons pas leur offrir », regrette Thioub.

Plusieurs jeunes coureurs talentueux commencent à s’affirmer dans le sillage de Bécaye Traoré, qui a 30 ans, et le Président est fier d’avoir vu ses troupes faire bonne figure, en février dernier, lors des Championnat d’Afrique, à Louxor, en Égypte. Elles ont également couru au Maroc et au Gabon. Des expériences qui devraient, d’après lui, conduire à des résultats encore meilleurs la saison prochaine.

Il a par ailleurs l’intention de construire l’avenir du cyclisme sénégalais en encourageant les enfants à embrasser la discipline.

Tour du Sénégal 2017, étape sept

Il entend, à cette fin, démarcher de grandes marques afin qu’elles associent leurs noms à de nouveaux clubs cyclistes, dont le nombre est tombé à seulement 10 dans l’ensemble du pays. Des projets prévoient également de travailler avec les écoles pour encourager les enfants à prendre part, deux fois par semaine, à des jeux et des ateliers autour du vélo.

La détection des talents se fera à l’occasion des courses de mountain bike. « Les mountain bikes sont moins chers que les vélos de route, donc plus accessibles », explique Thioub. « Beaucoup d’enfants des petits villages se rendent à l’école à vélo et nous voulons encourager cela. »

« Le vélo est très important dans tous les aspects du quotidien : pour la protection de l’environnement et pour la santé », ajoute-t-il. « Nous devons sensibiliser la population et faire en sorte que le Gouvernement s’implique. »

« Les idées fusent à 100 à l’heure dans ma tête, mais nous avons besoin de temps. Je suis optimiste, j’estime que rien n’est impossible. »

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